Vous n’avez jamais des noir désir ?
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Bertrand Cantat – Nous n’avons fait que fuir
Verticales (2004)
21 luglio 2002 - Festival de Montpellier 01 - Nous n'avons fait que fuir (55'31')
genere: rock, performance, reading, live
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Le soir du 21 juillet 2002, lors du festival de Montpellier-Radio France, le groupe Noir Désir répondait à une invitation de France Culture pour un concert unique.
Dans le cloître du couvent des Ursulines, ce fut un long poème de Bertrand Cantat : Nous n’avons fait que fuir. Une vingtaine de feuillets serrés ici reproduits in extenso. Et un morceau de 55 minutes, à l’atmosphère rythmique et aux lignes mélodiques d’une rare liberté, qui ne fut joué et enregistré qu’à cette exceptionnelle occasion.
Pourquoi je suis fier de publier ce texte de Bertrand Cantat
J’ai eu le privilège de lire Nous n’avons fait que fuir une heure avant le concert organisé en juillet 2002 à l’initiative de Bernard Comment et de France Culture, un concert unique et exceptionnel pour le groupe Noir Désir : un seul morceau de 55 minutes, dont la partie chantée était un long poème de Bertrand Cantat d’une vingtaine de feuillets serrés.
L’immense succès de leur disque sorti en septembre 2001 – bien qu’annoncé comme un album risqué – les conforta dans l’idée de prendre plus de risques artistiques encore. Laboratoire permanent, le groupe trouvait dans la proposition de France Culture l’opportunité d’innover, d’explorer d’autres voies musicales tout en y gagnant une plus grande liberté de création. Ce qu’ils firent.
L’écriture avança dans le même temps que les thèmes musicaux s’élaboraient, Bertrand acceptant ou rejetant certaines ambiances musicales, proposant, selon les moments de son poème, un climat ou une ligne mélodique tout en mettant à profit a moindre pause pour travailler son texte, le rythmer, le ponctuer.
Sur scène, le soir du concert, chacun des musiciens du groupe, imprégné des mots de leur chanteur, joua pour la première fois sans filage, à l’instinct, en mêlant leurs improvisations à un savoir musical acquis ensemble depuis des années, et ce fut un moment magnifique dans le cloître du couvent des Ursulines à Montpellier.
Dès ma première lecture de Nous n’avons fait que fuir, je retrouve le rythme, les fulgurances et la force des images poétiques qui sont la marque de l’auteur des chansons de Noir Désir : « des tissus élastiques, de la chair de printemps, un carrousel vibrant sur un axe impétueux » « en bas, le sol crevé offre sa panse intime à la morsure du ciel. » « ils marchent ils avancent ils signent du bout des lèvres leur projet pour le siècle qu’on lit les yeux crevés » ; des images belles comme la rencontre fortuite sur une table à dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie.
Car Bertrand Cantat est un poète, un lecteur attentif à la poésie vivante comme à toutes formes d’écritures nouvelles. Je garde en mémoire une longue conversation que nous eûmes à propos de Lautréamont auquel nous vouons, lui et moi, la même admiration et aussi des grands classiques de la poésie arabo-persane, tels que Al Maari, Omar Khayyam ou d’Abu Nuwas dont la liberté d’expression et l’audace des thèmes nous semblaient désormais impossibles.
Dans Nous n’avons fait que fuir, parce que la poétique implique une politique et réciproquement, Bertrand Cantat nous parle de nous, nous qui avons perdu notre langue, nous qui ployons devant nos « empereurs communicants (de charmants chimpanzés aux mimiques de bronze et aux sourires d’ivoire) », nous les « intoxiqués volontaires » qui nous soumettons au conditionnement esthétique ; Mais Bertrand Cantat parle de nous aussi qui planifions, démantelons, délocalisons, nous les « apôtres de la modernité » nous, les « sur-adaptés chroniques » qui assujetisssons les autres à notre pouvoir. Bertrand Cantat parle de nous encore, nous qui ne cédons pas à ce formatage généralisé, nous qui ne capitulons pas, nous qui résistons en rêvant à d’autres mondes possibles tandis que « sur la longue route des chiens resplendissants deviennent nos alliés. »
Toute la part de nos fragiles utopies est là, exprimée dans les mots de Bertrand Cantat : « Nous, on aurait voulu qu’on nous parle gentiment, pas qu’on nous mente (…) pour changer des marteaux, pour changer des enclumes ».
Ultime hommage, enfin, à Léo Ferré, l’un des ses maîtres :
« Et la ville endormie rêve de barricades.
Allez on n’oublie rien ! »
Bernard Wallet
Commento di klatubaradanikto 17 Ottobre 2007 @ 11:30 pmce texte magnifique vit en ce moment sur le plateau du théâtre de l’Epouvantail, dans le 11ème à Paris et ce pour encore 3 semaines.
Commento di saclier 6 Maggio 2008 @ 9:41 amJ’en suis l’un des comédiens. A très bientôt pour partager la force de ce texte !
Merci Florent, moi aussie j’aime beaucoup ce texte.
Noir Désir n’est pas tres connue in Italie, mais je pense que la poésie de Bertrand peut etre apprécié partout dans le monde.
Bonne chance pour la suite! opss… merde!
Commento di klatubaradanikto 7 Maggio 2008 @ 1:27 amIl 21 luglio 2004, su iniziativia di France- Culture, il gruppo dei Noir Desir ha tenuto a Montpellier un concerto unico di 52 minuti dal titolo “nous n’avons fait que fuir“.
Il lungo poema in versi liberi scritto da Cantat ha permesso ad ognuno dei musicisti del gruppo di mettere alla prova il proprio talento di improvvisatori dando luogo a una performance veramente speciale. A maggio di quest’anno il testo è stato pubblicato dalle Edition Verticales con allegato il cd del concerto.
E’ un libro sconcertante e stupefacente, vibrante, visionario, poetico.Si riconosce nella scrittura di Cantat quel virtuosismo incantatore, sciamanico, affabulatore che si nota nelle parole delle canzoni più note del gruppo, ma, se vogliamo, in questo breve scritto il linguaggio di Cantat trapassa il petto. Sconvolge con stilettate di spada affilata. Confonde.
La scrittura di Bertrand Cantat è potentissima, un grido di collera, un vomito, un mistico loop psichedelico, con squarci di assoluto lirismo, un capolavoro di urgenza, fluidità e ritmo.
E’ come un viaggio iniziatico su un “bateau ivre” all’interno di paesaggi surreali, fra nebbie incerte, savane minacciose, città devastate in attesa dello scoppio che le raderà al suolo, con echi frequenti che vanno da Brel, a Ferré passando per Rimbaud.
Lo scrittore Bernard Comment, di cui in Italia conosciamo il bel libro “Andirivieni” pubblicatoanni fa da Feltrinelli, scrive nella prefazione:
“ Il en résulte un magnifique et long morceau…psalmodié, caressé, hurlé, brandi, chuchoté…inoubliable“
Naturalmente anche nelle pagine che precedono il breve testo si fa accenno alla tragedia, nel frattempo avvenuta, l’uccisione della compagna da parte di Cantat, l’attrice Marie Trintignant. Omicidio? Follia? “Amour fou” portato alle estreme conseguenze? Tragedia della droga? Si è parlato anche troppo della vicenda e il tempo dei giudizi è finito. C’è una sentenza, Cantat sconta la sua pena.
La tragedia, di certo, ha la sua parte di irrimediabile. Ma ciò che fa grande l’uomo è la memoria dove noi possiamo serbare il peggio e il meglio, e il peggio, la miseria, la caduta, non cancella le cose più grandi. Forse le rende più problematiche ma sta a ciascuno, poi, trarre le proprie conclusioni.
Un piccolo estratto di questo testo, purtroppo non ancora disponibile in Italia:
“Pauvre sac d’os et d’excréments, tu te pavanes de l’aube au crépuscule et ce n’est pas danser et ce n’est pas esquisser un pas, ce n’est pas
fouetter l’air d’un geste détaché, ce n’est pas l’elégance loin s’en faut,des lignes si fuyantes qu’on les croyait sans fin quasi-inexistantes…
nous n’avons fait que fuir,
nous cogner dans les angles, nous n’avons fait que fuir, et sur la longue route, des chiens resplendissants, deviennent nos alliés..”
Sia che conosciate o meno il francese, questo testo è capace di catturare e di sedurre, di incatenare in questa esplorazione lunare e delirante di spazi veri e immaginati
luoghi devastati, interiori ed esteriori, in attesa della catastrofe finale.
Qualunque sia la vostra opinione sulla vicenda dell’”uomo Cantat”, testo è un capolavoro assoluto.
Francesca Mazzucato
Commento di klatubaradanikto 7 Maggio 2008 @ 1:28 am